Tenir un blog ayant pour objet principal le contenu de nos assiettes incite à essayer régulièrement de nouvelles recettes. Ce plaisir peut parfois tourner au casse-tête quand la recette envisagée ne se prête aucunement à être réalisée en petites quantités. Il faut alors braver l'inconnu et oser faire jouer les cobayes à des amis de passage ou invités spécialement pour l'occasion.

C'est souvent là que les choses se corsent. Car les amis, si indulgents soient-ils, sont au courant de votre amour pour la cuisine. Cet élan pour les fourneaux est généralement associé dans les esprits à un talent certain dans le maniement de la queue d'une poêle. En d'autres termes : vos amis savent que vous aimez cuisiner et s'attendent de ce fait à se régaler à votre table.

La tentation est alors grande pour ne pas démentir votre réputation de bonne cuisinière de vous cantonner à des recettes éprouvées dont la réussite est assurée.

(Juste un petit aparté pour signaler cependant que même un classique de votre répertoire culinaire peut occasionner quelques déceptions si sa réalisation s'accompagne d'un excès de confiance et d'un manque d'attention. Ma dernière mésaventure en date impliquait un gratin dauphinois récalcitrant. Malgré l'heure et quart passée au four et la belle croûte gratinée qu'il affichait, ce coquin s'est révélé plus qu'"al dente" au moment de le servir, me laissant abattue et déconfite devant mes convives affamés.)

Mais afin de varier quelque peu les plaisirs et d'avoir un peu de grain à moudre dans de prochains billets, l'envie de "tester" une nouveauté sait heureusement nous faire oublier nos craintes et nous conduire à tenter le grand plongeon dans l'inconnu.

Dans ces cas-là, la surprise est totale pour tous, bonne ou mauvaise, c'est la roulette russe pour les palais! 

Mon essai le plus récent s'est avéré haut en couleur et m'a causé quelques sueurs froides en cuisine. Il s'agissait de petites bouchées apéritives au parmesan et aux olives se voulant moelleuses à souhait. Pour les confectionner, j'avais scrupuleusement suivi les indications de Isabel Brancq-Lepage dans sa recette intitulée "Mini-moelleux parmesan-olives"*.

La cuisson une fois terminée, je m'aprêtais à éteindre mon four quand après avoir démoulé quelques moelleux leur couleur pâlichonne m'a mis la puce à l'oreille. J'ai alors demandé à mon Cher et tendre de jouer les goûteurs. Son expression après avoir englouti une bouchée au parmesan a confirmé mes doutes. Plein de tact, sachant que nos invités étaient déjà en route et que je n'avais pas prévu de solution de repli pour l'apéritif, il se contenta de m'indiquer que le goût était surprenant. Je goûtai à mon tour et convins que les moelleux laissait franchement à désirer : d'une part la cuisson était totalement insuffisante, l'ensemble était donc beaucoup trop pâteux et la consistance peu agréable en bouche. D'autre part, la chaleur des moelleux accentuait la force du parmesan et donnait aux olives un arrière goût aigre peu satisfaisant. N'ayant d'autre choix que de servir ces bouchées, je décidais de le remettre au four jusqu'à ce qu'elles soient uniformément dorées et de les laisser complètement refroidir avant de les servir, afin de restaurer l'équilibre des saveurs puissantes en présence. Tout cela sans garantie de réussir à sauver mon apéritif d'un fiasco qui aurait certes occasionné beaucoup de rires collectifs mais une légère déception gustative pour l'assemblée.

Le surplus de cuisson et le refroidissement jouèrent leur rôle et permirent d'obtenir des moelleux savoureux que les invités, amoureux de fromage, eurent l'air d'apprécier sans mesurer le yoyo émotionnel qu'ils m'avaient causé lors de leur réalisation.

C'est aussi cela le piment de la nouveauté! Les émotions fortes sont toujours au rendez-vous...

 

Bouchées moelleuses au parmesan et olives

Ingrédients pour environ 25 bouchées apéritives 

- 120 g de parmesan râpé (j'avais utilisé du parmesan frais râpé à l'instant par mes soins, d'où son goût très prononcé, si vous souhaitez atténuer la force de ce fromage n'hésitez pas à l'employer dans sa forme pré-râpée vendue en sachet

- 15 olives vertes 

- 2 oeufs entiers + 1 jaune

- 30 g de beurre doux

- 60 g de farine

- 20 cl de lait

Préchauffez le four à 210°C.

Dans un saladier, fouettez les oeufs entiers avec le jaune. Ajoutez progressivement la farine tamisée et mélangez vigoureusement à l'aide d'une fourchette.

Coupez les olives en petits morceaux après les avoir dénoyautées.

Dans une casserole, faites chauffer le lait avec le beurre en morceaux et le parmesan râpé. Mélangez rapidement pour incorporer le fromage.

Versez un tiers de la préparation au fromage dans le saladier, mélangez puis ajoutez le reste. Mélangez à nouveau de manière à obtenir une pâte homogène.

Répartissez cette pâte dans les mini-moules puis disposez les morceaux d'olives dans chacun d'eux.

Enfournez et faites les cuire 15 bonnes minutes (voir le double si vous utilisez des minis moules à cannelés, il faut vraiment que vos bouchées soient uniformément dorées).

Laissez refroidir avant de servir ces petits moelleux à des amateurs de fromage.

Savourez le plaisir de les voir se régaler! 

 

P1000500 (2)

 

* Recette extraite de l'ouvrage d'Isabel Brancq-Lepage "Craquez pour les moelleux salés!"