Je suis un vrai bec sucré. Rien ne peut me faire plus saliver que l’évocation d’un chariot de desserts. Au grand étonnement de mon cher et tendre, je suis capable de rester pendant de longues minutes devant la vitrine de n’importe quelle pâtisserie en contemplation devant les merveilleuses douceurs sucrées offertes à la vue des passants.

Cet amour du sucré, amour étant me concernant encore un doux euphémisme, le terme adéquat étant plutôt adoration, remonte à mon enfance et ne s’est jamais démenti. Pendant longtemps j’allais même jusqu’à considérer que tous les plats précédant le dessert auraient aisément pu être sautés de manière à conserver tout l’appétit nécessaire à la dégustation de celui-ci, que je tenais pour le clou du repas. A mes yeux, aucun repas digne de ce nom ne pouvait se concevoir sans une note finale sucrée : exquise pâtisserie, délicieuse crème dessert ou onctueux sorbets et glaces.

Puis l’adolescence passant par là, le sucre s’est avéré ne plus être le meilleur ami de la partie médiane de ma charmante personne (soit mon tour de taille et de hanches). Il m’a donc fallu apprendre à le savourer avec un peu plus de parcimonie que par le passé, ce qui a eu le mérite de me permettre de développer ma curiosité pour les plaisirs salés que j’étais loin de tenir en haute estime jusqu’alors. Il reste cependant vrai qu’il ne peut s’écouler une semaine entière sans que je m’accorde le plaisir de savourer une vrai douceur.

Mon goût étant tourné vers le sucré, il était donc tout naturel que je fasse mes premières armes aux fourneaux en pâtisserie. Mon premier rituel patissier remonte à mes années de collège où je réalisais chaque mercredi après-midi sous le regard attentif de ma « nounou » le même gâteau au chocolat pour me donner le courage de m’attaquer à ma série de devoirs. Chaque semaine je ressentais la même satisfaction gourmande lorsque les effluves chocolatés envahissaient l’appartement et laissaient présager un délicieux gouter à venir. Encore aujourd’hui, la réalisation d’un gâteau reste pour moi associée à une parenthèse dans le tumulte quotidien, à un moment de calme joyeux et de plaisir gourmand.

J’aime donc plus que tout pâtisser et ce même si, à la différence de la cuisine, il faut peser précisément les ingrédients et faire preuve d’une plus grande rigueur dans la réalisation de chaque recette, l’improvisation étant rarement la bienvenue en la matière.

Vous devinez de ce fait que nombreux sont les livres sur le sujet dans ma bibliothèque.

 

Le premier que j’ai choisi de vous présenter est un livre thématique intitulé « Muffins, originaux et authentiques », Les recettes de Bob, dans la collection « Petits plats » chez Marabout. 

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Pourquoi ce choix ? Une simple question de circonstances. Chaque semaine je me rends à un atelier de réfection de sièges où j’apprends en compagnie de 6 autres charmantes et plus ou moins jeunes femmes comment retapisser les vieux fauteuils de famille méritant que leur soit donnée une nouvelle jeunesse. Nous redonnons vie à des sièges qui sans notre intervention n’auraient jamais quitté les caves ou greniers où ils avaient été oubliés pendant de nombreuses années.

 C’est une activité qui creuse. Une petite pause gourmande est donc toujours la bienvenue entre deux coups de marteau ! Notre adorable professeur étant un gourmand, il nous a incitées à apporter à tour de rôle de petits délices sucrés à picorer ensemble pour reprendre nos forces à l’heure de la matinée où le petit déjeuner semble déjà loin et où le déjeuner n’est pas encore suffisamment proche pour décourager notre gourmandise.

Je ne me suis pas fait prier pour apporter ma contribution à ces petites collations. Il me fallait trouver une recette permettant de réaliser de petites douceurs faciles à transporter et à déguster avec les doigts et agréables à consommer au cours de la matinée (donc il allait sans dire que les Opéras et autres Saint-Honoré n’auraient pas ici la part belle !). Mais quoi de mieux que des Muffins.

Et ça tombait bien, j’avais en la matière l’ouvrage adéquat : celui de Bob, personnage haut en couleur, amoureux des muffins aux gouts les plus divers.

 

Dès la première page de ce livre Bob paraît. Et quelle apparition mes amis ! Bob, tout de gris vêtu, coiffé d’un bonnet quelque peu informe est photographié sous six angles différents dès la première page en pleine réalisation de ses petits trésors. Concentré, il l’est, parce que, comme il nous l’apprend dans les pages suivantes, faire un muffin ça ne rigole pas. Et si d’aucuns considèrent qu’il s’agit d’une banale forme dérivée du cake sucré, qui ne nécessite guère de savoir-faire particulier, Bob leur remet les pendules à l’heure. Le muffin mérite soin et attention car ne fait pas un bon muffin qui veut, loin s’en faut. D’où l’air quelque peu patibulaire de Bob dans sa cuisine, pas un sourire esquissé, pas un regard pour le photographe, pas de pose digne des nouvelles stars de la cuisine, non, du sérieux, de l’application. Les importuns sont prévenus : la cuisine de Bob est un lieu où l’on bosse dur pour obtenir les meilleurs muffins qui soient. Alors on débranche le téléphone, la télé et l’ordinateur et on se concentre sur ses spatules. J’en vois discuter là au fond, oui vous, le petit malin du dernier rang, croyez bien que si je mets Bob au courant vous allez voir de quel bois il chauffe ses muffins !

 

Trois recettes seront testées :

- Poire

- Orange, patate douce, airelles

- Banane-Caramel (sans gluten)